3. Education

Une université à Osaka

  

 

3. Education

   Pouvez-vous imaginer que circulent des trains sur lesquels on a peint la publicité très colorée pour une université ? Vous serez peut-être surpris aussi de voir des publicités pour les lycéens partout dans les wagons. En effet de tels trains roulent dans les grandes ville au Japon. Certaines universités font de la publicité à la télévision. Dans mon pays elles sont privées à 80 % ; au fil des années les lycéens sortant de la terminale sont moins en moins nombreuse et elles s’efforcent d’attirer les jeunes.

  Et en plus, même dans les universités publiques, les frais de scolarité des étudiants (on dit généralement le ¨frais de cours ¨  ) sont presque 5000 euros par an (c’est double ou triple dans les universités privées.)

  Alors c’est raisonnable que les étudiants et leurs parents japonais pensent avant tout à la rentabilité. Ils s’intéressent plutôt à ce quoi leurs disciplines servent pour chercher leur emploi que à ce qu’ils étudient au cours de licence. Somme toute on évalue la science de la façon monétaire. Dans le monde de l’enseignement supérieur japonais domine ainsi la logique économique. Une lettre du ministre de l’éducation japonais symbolise cette particularité japonaise : « favoriser les disciplines qui servent mieux les besoins de la société » (pour plus d’information « Le Japon va fermer 26 facs de sciences humaines et sociales, pas assez ¨ utiles ¨» Le Monde, 17.09.2015. )

  Dès son origine l’éducation moderne au Japon va de pair avec la demande de l’Etat impérial : Fukoku-Kyohei, enrichir l’Etat et fortifier l’armée. Cette éducation servait au totalitarisme ; chaque individu était soumis à sa nation et à ses troupes. On ne pensait alors presque jamais former un bon citoyen libre.

  Après la défaite totale en 1945, on a certes rompu avec cette tendance impériale, mais pas complètement réussi à couper le mal à la racine. Des politiques extrêmes droites (parmi lesquels on pourrait classer le premier ministre et son entourage) n’hésitent pas à exprimer leur nostalgie à l’époque impériale. Les anciens professeurs ayant eu l’âge de la retraite avant les années 90 ne disent jamais un mot détestable passé récemment dans le langage courant : jinsaï, qui signifie les matières humaines. Mais aujourd’hui on le dit très souvent sans scrupules avec le mot anglais : global jinsaï, étudiants bien adaptés à la globalisation économique. Les administrateurs universitaires semblent penser que  c’est un mot magique pour intéresser les lycéens. On ne manquerait pas trouver ce mot ¨ les matières humaines ¨ dans les affiches dont j’ai parlé plus haut.

  Je sais bien que vous avez beaucoup de difficultés aussi dans l’éducation française. L’autre jour encore, l’enquête PISA soulignait encore le déterminisme social très fort dans le système éducatif français. Mais  j’ai impression que la conception éducative française résiste mieux à une sorte de dictature néo-libérale. En effet certains japonais ne peuvent imaginer que l’éducation doive être indépendante de l’économie. Comprennent-ils ce que dit justement Gaston Bachelard ? : « Alors les intérêts sociaux seront définitivement inversés : La Société sera faite pour l’Ecole et non pas l’Ecole pour la Société. » (La Formation de l’esprit scientifique) Pour obtenir l’¨ innovation ¨ dont on parle beaucoup, il faut paradoxalement permettre aux jeunes de tenir la distance et émanciper de la tyrannie économique.  Henri Pena-Ruiz appelle cette émancipation les humanités. (Qu’est-ce que l’école ?)      

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